Lorsqu’un proche décède en laissant un Livret A et un LDD, vous vous retrouvez face à de nombreuses interrogations : qui peut toucher ces sommes, sous quels délais, et quelles démarches entreprendre ? Contrairement à ce que beaucoup pensent, ces livrets réglementés ne bénéficient pas d’un régime de transmission particulier. Ils entrent dans la succession classique, avec leurs propres règles de blocage, de valorisation et de fiscalité. Les banques appliquent des procédures strictes, parfois difficiles à comprendre sans accompagnement. Pour éviter les erreurs et sécuriser le déblocage des fonds, il est essentiel de connaître les principes juridiques et les bons réflexes pratiques.
Fonctionnement des livrets réglementés au décès du titulaire

Le décès du titulaire d’un Livret A ou d’un LDD entraîne immédiatement des conséquences sur le fonctionnement de ces comptes d’épargne. Même si les proches gardent parfois les moyens d’accès, toute opération devient interdite dès la connaissance du décès. Cette période de blocage, nécessaire pour protéger les droits de tous les héritiers, s’accompagne de règles précises de valorisation. La banque et les héritiers doivent respecter un cadre légal strict pour éviter tout litige ultérieur.
Ce qu’il se passe pour le livret a et le ldd dès le jour du décès
Dès le décès constaté, le Livret A et le LDD sont gelés automatiquement. Aucun retrait ni versement ne peut être effectué, même par un proche disposant d’une procuration antérieure, celle-ci étant caduque. Les intérêts continuent néanmoins de s’accumuler selon les taux réglementaires en vigueur. Le calcul se fait par quinzaine, comme du vivant du titulaire, jusqu’à la date effective de clôture du livret.
Cette somme totale, capital et intérêts confondus, rejoint alors l’actif successoral. Elle sera répartie entre les héritiers selon les règles de dévolution successorale, qu’il s’agisse d’une succession légale ou testamentaire. Le montant définitif à partager correspond au solde arrêté au moment de la fermeture des livrets par la banque.
Comment la banque bloque, valorise et clôture les livrets du défunt
La banque prend connaissance du décès soit par déclaration de la famille, soit via les registres officiels. Elle procède alors au blocage immédiat des comptes pour éviter tout mouvement non autorisé. Un solde provisoire est établi, comprenant le capital placé et les intérêts courus jusqu’à cette date.
Pour la clôture définitive, l’établissement attend les instructions formelles du notaire en charge de la succession ou, dans les cas simples, la présentation par les héritiers des documents justificatifs requis. Le solde final intègre les derniers intérêts calculés jusqu’au jour de clôture effective. Les fonds sont ensuite virés sur un compte de consignation ou directement aux ayants droit, selon la procédure validée.
| Étape | Action de la banque | Délai indicatif |
|---|---|---|
| Décès constaté | Blocage immédiat des livrets | Jour même |
| Valorisation | Calcul du solde avec intérêts | Quelques jours |
| Clôture | Virement après instruction notariale | Plusieurs semaines à mois |
Qui hérite des sommes placées sur un livret a ou un ldd au décès
Les bénéficiaires d’un Livret A ou d’un LDD sont déterminés par les règles de succession, non par la banque. Il n’existe aucune clause bénéficiaire comme sur une assurance-vie. Les sommes reviennent donc aux héritiers légaux : conjoint survivant, enfants, parents, selon l’ordre de dévolution prévu par le Code civil.
Si le défunt a rédigé un testament, celui-ci peut modifier la répartition dans les limites de la réserve héréditaire. Par exemple, un parent peut léguer la quotité disponible à un tiers, mais les enfants conservent leur part réservée. Le montant des livrets entre alors dans le calcul global de l’actif à partager, sans statut particulier.
Démarches pratiques pour récupérer un livret a et un ldd en succession

Récupérer les fonds d’un Livret A ou d’un LDD après un décès implique un parcours administratif précis. Selon le montant de la succession et la complexité de la situation familiale, les démarches varient. Certaines successions simples peuvent se régler directement auprès de la banque, tandis que d’autres nécessitent l’intervention obligatoire d’un notaire. Comprendre les étapes et les documents à fournir permet d’accélérer le déblocage des sommes et d’éviter les allers-retours inutiles.
Quelles étapes suivre pour faire débloquer les livrets d’un proche décédé
La première action consiste à informer la banque du décès en fournissant un acte de décès original ou une copie intégrale. Cet acte doit être récent, généralement de moins de trois mois. La banque demande également les coordonnées du notaire si la succession en requiert un.
Le notaire établit ensuite l’acte de notoriété, document officiel qui liste les héritiers et leurs parts respectives. Il centralise aussi tous les comptes bancaires du défunt, y compris les livrets réglementés. Une fois les formalités accomplies, le notaire envoie une attestation à la banque autorisant le virement des fonds vers le compte de la succession ou directement aux héritiers, selon les cas.
Pour les successions sans notaire, les héritiers présentent directement à la banque les justificatifs nécessaires pour prouver leur qualité et obtenir le transfert des sommes.
Quels documents présenter à la banque selon le montant de la succession
Pour une succession de faible montant, généralement inférieure à 5 000 euros d’actif bancaire, la banque peut accepter un certificat d’hérédité délivré par la mairie du domicile du défunt. Ce document, gratuit, liste les héritiers légaux. Les héritiers doivent également fournir leurs pièces d’identité et un RIB pour le virement.
Au-delà de ce seuil ou en présence d’une situation complexe (enfants de lits différents, testament, désaccord), un acte de notoriété établi par notaire devient indispensable. Ce document authentique engage la responsabilité du notaire et sécurise la banque contre tout risque de contestation ultérieure.
Dans tous les cas, la banque vérifie scrupuleusement l’identité des demandeurs et la cohérence des documents pour s’assurer de verser les fonds aux bonnes personnes.
Combien de temps faut-il pour toucher un livret a et un ldd en héritage
Les délais varient fortement selon la réactivité des héritiers et la complexité du dossier. Pour une succession simple avec tous les documents en main, comptez 3 à 6 semaines entre la demande initiale et le virement effectif des fonds. Ce délai permet à la banque de vérifier les pièces et d’exécuter les opérations comptables.
Pour une succession plus lourde, nécessitant l’intervention d’un notaire et comportant plusieurs biens, les délais s’allongent souvent à 3 à 6 mois, voire davantage si des désaccords apparaissent entre héritiers. Pendant toute cette période, les fonds restent bloqués sur des comptes techniques, continuant de générer des intérêts jusqu’à la clôture.
Anticiper en constituant rapidement le dossier complet accélère sensiblement le processus et évite les frustrations liées à l’attente.
Fiscalité et calcul des droits sur la succession livret a et ldd
Si les intérêts du Livret A et du LDD sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant la vie du titulaire, cette exonération ne s’étend pas aux droits de succession. Le montant total des livrets rejoint l’actif taxable et entre dans le calcul des droits à payer par les héritiers. Comprendre les mécanismes de taxation successorale permet d’anticiper le coût fiscal et d’éviter les mauvaises surprises. Cette partie clarifie les interactions entre fiscalité courante et fiscalité successorale.
Les intérêts exonérés du livret a et du ldd face aux droits de succession
Les intérêts générés par un Livret A ou un LDD restent totalement exonérés d’impôt sur le revenu, y compris pour l’année du décès. Le fisc ne réclame rien sur ces produits financiers dans la déclaration annuelle des revenus du défunt.
En revanche, au moment de la succession, l’administration fiscale considère le montant total du livret (capital initial + intérêts accumulés) comme faisant partie de l’actif successoral. Cette somme globale entre dans l’assiette de calcul des droits de succession, qui varient selon le lien de parenté entre le défunt et chaque héritier.
Autrement dit, l’exonération fiscale disparaît au moment de la transmission. Les héritiers doivent s’acquitter des droits sur la valeur totale reçue, après application des abattements légaux prévus pour leur catégorie.
Comment intégrer les livrets bancaires dans le calcul des droits à payer
Le notaire additionne tous les avoirs du défunt : comptes courants, Livret A, LDD, autres placements, biens immobiliers, etc. Il en soustrait les dettes éventuelles pour obtenir l’actif net successoral. Ce montant est ensuite réparti entre les héritiers selon leurs parts respectives.
Chaque héritier bénéficie d’un abattement selon son lien de parenté. Par exemple, en 2025, un enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 euros sur sa part. Au-delà, les droits de succession s’appliquent selon un barème progressif allant de 5 % à 45 % pour les descendants directs.
| Bénéficiaire | Abattement | Taux applicable |
|---|---|---|
| Enfant ou parent | 100 000 € | 5 % à 45 % |
| Conjoint / partenaire PACS | Exonération totale | 0 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % à 45 % |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55 % |
Les livrets ne bénéficient d’aucun régime dérogatoire : ils suivent exactement les mêmes règles que les comptes bancaires classiques.
Succession livret a et ldd : quelles différences avec l’assurance vie bancaire
L’assurance-vie offre un cadre fiscal nettement plus avantageux pour organiser une transmission. Les sommes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, hors droits de succession classiques. Les capitaux versés après 70 ans profitent d’un abattement global de 30 500 euros, puis sont taxés comme une succession ordinaire.
Surtout, l’assurance-vie permet de désigner librement des bénéficiaires, qui recevront les fonds en dehors du cadre successoral strict. Cela offre une grande souplesse pour favoriser un enfant, un petit-enfant ou même un tiers, dans le respect de la réserve héréditaire.
Le Livret A et le LDD, eux, ne disposent d’aucune clause bénéficiaire. Ils sont automatiquement inclus dans la succession et répartis selon les règles légales ou testamentaires. Cette différence fondamentale explique pourquoi, pour optimiser une transmission, il est souvent conseillé de privilégier l’assurance-vie pour les montants importants.
Points de vigilance et bonnes pratiques pour optimiser la transmission
Quelques gestes simples, réalisés en amont ou au moment de la succession, facilitent grandement le règlement et limitent les tensions familiales. Certains comportements, a contrario, peuvent susciter des contestations ou compliquer le partage. Cette dernière section vous livre des conseils pratiques pour sécuriser la transmission de vos livrets réglementés et éviter les écueils fréquents rencontrés par les familles.
Peut-on encore retirer ou déplacer de l’argent juste avant un décès
Des retraits massifs ou virements importants effectués peu avant le décès attirent souvent l’attention des autres héritiers. Si ces opérations paraissent anormales ou injustifiées, elles peuvent être requalifiées en donations déguisées ou en détournements de fonds. Le notaire ou les cohéritiers peuvent alors demander leur réintégration dans l’actif successoral.
Pour éviter tout soupçon, toute opération d’un montant conséquent doit être documentée : factures, justificatifs de dépenses médicales, traces écrites des intentions du défunt. Si une personne âgée souhaite aider un proche, mieux vaut formaliser une donation devant notaire plutôt que de procéder à des virements discrets depuis ses livrets.
La prudence est de mise, surtout lorsque le titulaire est fragilisé par la maladie ou l’âge avancé. Un mouvement suspect peut entraîner des procédures judiciaires longues et coûteuses.
Comment préparer en amont la succession de ses livrets réglementés
Anticiper permet de fluidifier la transmission et de réduire la charge fiscale. Voici quelques leviers à actionner :
- Diversifier les supports d’épargne : combinez Livret A, LDD, assurance-vie et éventuellement donations de votre vivant pour optimiser les abattements fiscaux disponibles.
- Faire un point régulier avec un notaire : une consultation tous les 5 à 10 ans permet d’ajuster votre stratégie patrimoniale en fonction de l’évolution de la famille et de la législation.
- Rédiger un testament : même si le Livret A et le LDD suivent les règles classiques, un testament clarifie vos volontés globales et facilite le travail du notaire.
- Informer ses proches : communiquer sur l’existence et la localisation des livrets évite les oublis et les recherches fastidieuses après le décès.
Ces précautions simples permettent à vos héritiers de récupérer rapidement les fonds et de se concentrer sur l’essentiel durant une période déjà difficile.
Partage entre héritiers : éviter les conflits autour des comptes bancaires du défunt
Les tensions familiales naissent souvent de la méconnaissance des soldes exacts ou de mouvements jugés opaques. Pour limiter ces risques, plusieurs bonnes pratiques s’imposent :
- Transparence totale : le notaire doit communiquer à tous les héritiers les relevés bancaires détaillés, y compris ceux des livrets réglementés.
- Inventaire bancaire précis : lister tous les comptes, livrets et placements dès le début de la procédure rassure chacun et évite les soupçons de dissimulation.
- Dialogue et médiation : en cas de désaccord, faire appel à un médiateur familial ou à un conseil neutre désamorce souvent les conflits avant qu’ils ne s’enveniment.
Lorsque les héritiers se parlent peu ou que la situation est tendue, la formalisation écrite de chaque étape (accord sur le partage des comptes, signature conjointe des documents) protège chacun et limite les contestations ultérieures.
En définitive, la succession d’un Livret A et d’un LDD suit un cadre juridique et fiscal précis, sans particularité dérogatoire. Les sommes rejoignent l’actif successoral classique et sont partagées entre les héritiers selon les règles de dévolution. Pour débloquer les fonds rapidement, rassemblez les documents requis dès que possible et coordonnez-vous avec le notaire si nécessaire. Anticiper la transmission par une gestion patrimoniale équilibrée et une communication transparente avec vos proches limite les tensions et optimise la fiscalité. Ces réflexes simples garantissent une transmission sereine et sécurisée.
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